On est gâtés cette année, Après Metallica, après AC/DC, après The Cure, c’est au tour d’un autre quasi dinosaure de nous sortir son nouvel album… Hein ? Quoi ? Guns n’ Roses ? Un nouvel album ??? Mais ça fait 15 ans qu’on nous la chante celle là, la bonne blague !!! Non, j’vous assure monsieur, j’ai l’objet entre les mains et vous le trouverez très facilement chez votre disquaire.
Pour vous rappeler l’histoire, le dernier vrai album des Guns N’ Roses date de 1991 quand ils sortent le double Use Your Illusion. Depuis, un album de reprises en 1993 et puis plus rien, les membres se séparent les uns après les autres pour partir sous d’autres horizons : Slash’s Snakepit pour Slash, Velvet Revolver pour Duff Mc Kagan et Matt Sorum. Des querelles intestines diverses auront presque eu la peau d’un des plus grands groupes de la fin des années 80.
Ne reste finalement qu’Axl Rose de la formation originelle et depuis 15 ans, il s’est attelé à donner une suite à la carrière de GnR.
Alors, ça donne quoi ?
La première écoute confirme qu’on a bien affaire avec GnR. Ca se reconnait au premier coup d’oreille et les connaisseurs ne seront pas trop dépaysés. Axl a toujours sa voix de scie circulaire si caractéristique. L’album débute par les titres Chinese Democracy et Shackler’s Revenge (avec un gimmick de début à la Matrix), parfait pour poser le cadre, deux titres rapides et bien rock où les guitares et la rythmique s’en donnent à coeur joie et vous donnent furieusement envie de taper du pied.
Dans le titre Better se profile ce qui va teinter cet album : de subtiles nouvelles couleurs qui se mélangent parfaitement à celles de guns. Un très beau titre qui surprend par une ligne de chant limite pop sur un pont mais dont le refrain sonne presque comme du Metallica. Excellent !
Street of Dreams est là pour nous rappeler que GnR est quand même le groupe qui nous a pondu November Rain, Don’t Cry ou autres ballades sucrées mais diablement efficaces. Ce titre est de la même veine et se savoure sans retenue.
If The World est sans conteste pour moi le morceau le plus surprenant de l’album. J’ai toujours donné un bonus à ces artistes qui osent prendre des directions dans lesquelles on ne les attend pas toujours et là, Axl est parti dans un genre plutôt funky, très groovy qui commence par une ligne de guitare hispanisante. J’aime beaucoup ce titre qui est une vraie surprise.
There was a Time, premier long titre de l’album (6:41) qui m’a rappelé par certains passages Use Your Illusion. La rythmique est plus orientée boîte à rythme que batterie au début mais celle-ci reprend vite ses droits. Le morceau est très symphonique et se termine sur un long solo de guitare.
Catcher in the Rhye est de facture classique, agréable mais n’est pas extraordinaire non plus, une autre respiration avant de se bouger un peu plus sur Scraped et Riad and the Bedouins efficaces et très rock.
On se calme encore sur Sorry. On pourrait se dire “Une autre ballade de plus” mais non, ça n’a rien d’une ballade, c’est un morceau lent, sombre et dont Black Sabbath ne renierait sans doute pas la paternité.
I.R.S. est un titre qui joue sur les contrastes entre un couplet plutôt bluesy voire jazzy et un refrain plus musclé.
Je reste plus mitigé sur les 3 derniers morceaux Madagascar (avec un clin d’oeil à Civil War dedans), This I Love (une autre ballade symphonique avec une belle ligne de chant) et Prostitute (plus rock que ces deux derniers mais qui n’ajoute pas grand chose à l’ensemble). Ces trois dernières pièces ne sont pas désagréables à écouter mais je trouve qu’elles ajoutent une certaine longueur à l’album.
Au final on se retrouve avec un album varié dont certaines directions sont vraiment étonnantes. D’aucuns le regretterons mais on ne peut pas réitérer éternellement Appetite For Destruction qui restera comme L’Album de Guns n’ Roses (que je place sans hésiter dans mes 10 albums indispensables). La production est bonne (manquerait plus que ça aussi… 14 ans et 20 millions de dollars).
Ce cru 2008 n’en est pas moins une bonne plaque, moderne mais un peu trop longue à laquelle je metterais un 7.5/10

Ben voilà qui invite à l’écoute, me réjouis d’entendre ça, me demande quand même ce que ça peut donner sans un Slash touch