Par diverses avancées technologiques, Forever, une race d’êtres aquatiques vivant sur la planète Y a trouvé le secret de la longévité. Ils ont progressé à un point tel qu’ils sont devenus complètement dépendants des machines et ont perdu leurs émotions. Une comète dont la trajectoire va entrer en collision avec la planète Terre va leur donner l’opportunité de revitaliser leur race. Forever vont charger cette comète de transporter leur ADN sur Terre. Quand la comète et la planète se heurtent, l’impact cataclysmique provoque l’extinction des dinosaures (la 5è Exctintion) mais des cendres de la destruction, les humains apparaissent. Au début, l’expérience semble être un succès : au travers des humains, Forever revivent avec plaisir les émotions qu’ils avaient ressenties avant l’âge des machines. Afin d’aider l’humanité à vaincre leurs maladies physiques et leurs limitations mentales, Forever vont accélérer l’évolution humaine. Mais le résultat est tragique : les gens développent une dépendance technologique similaire avec une décroissance de leurs émotions, tout comme Forever et leur développement moral ne tient pas la distance avec leur capacité à inventer. Forever doivent trouver un moyen de sauver l’humanité de son auto-destruction imminente… Mais le devraient-ils ?
Voilà le synopsis du dernier album en date d’Ayreon : 01011001.
Ceux qui me connaissent savent que dans ma liste d’albums incontournables, je place sans hésiter The Human Equation et Into The Electric Castle, des albums que j’ai écouté sans doute une bonne centaine de fois et sur lesquels je vibre toujours autant. Le reste de la discographie d’Ayreon n’est pas non plus dénuée d’intérêt (en écrivant cet article, iTunes m’a sélectionné par hasard plusieurs morceaux, dont My House on Mars qui relate l’histoire du dernier humain, le seul survivant d’une guerre qui a décimé l’humanité, en 2084).
Si je parle de cette chanson, c’est que, dans la discographie d’Ayreon, tout est lié. Chaque album est une pièce d’un puzzle qui vient s’insérer dans une gigantesque histoire continue. Et comme toute histoire de science fiction, elle repose sur une réflexion sur notre propre société. Avec cet album, on met l’accent sur l’individualisation de nos comportements, sur le fait que nous nous isolons de plus en plus, malgré notre soi-disante interconnection via le réseau.
Pour chaque album, Arjen Lucassen (celui qui se cache derrière Ayreon), s’entoure de plusieurs musiciens (dont certains sont récurrents, comme Ed Warby du groupe Gorefest à la batterie) mais aussi de plusieurs chanteurs qui vont interpréter chacun un rôle dans l’album qui se présente pratiquement toujours comme un opéra rock où les personnages racontent l’histoire en se répondant tout au long des morceaux (exception faite de Flight of the Universal Migrator, où chaque personnage arrive tour à tour en remontant la ligne du temps). Depuis Into the Electric Castle, chaque nouvel album se décline en version double. Il y en a donc toujours pour près d’une heure trente de musique. Pour citer quelques chanteurs, Arjen a travaillé notamment avec Bruce DIckinson (Iron Maiden), James LaBrie (Dream Theater), Fish (Marillion), Devin Townsend, Damian Wilson, Anneke Van Giersbergen (The Gathering), Sharon Den Adel (Within Temptation), Simone Simons (Epica), Floor Jansen (After Forever)… Pas du vilain monde en tout cas.
Quid de la musique ? A la première écoute, on reconnait du Ayreon. Arjen Lucassen a sa patte et ça s’entend. Il évolue dans un registre Rock Progressif à tendance Metal, très mélodique, parfois plutôt énergique mais jamais agressif. Si on était mauvaise langue, on pourrait lui reprocher d’être trop vite reconnaissable tant parfois certains gimmicks, certains plans sont utilisés mais ça ne m’a jamais gêné outre mesure. Il a clairement son univers et celui-ci plaît énormément. D’ailleurs, ça reste logique : tous les albums tournant autour de la même histoire, ça me paraît normal que la musique suive la voie tracée.
Ce dernier album ne déroge pas à la règle : double album, un paquet d’artistes invités, une musique envoûtante. J’ai remarqué que ce sont deux morceaux calmes de l’album qui me plaisent pour le moment le plus. Il s’en dégage une très belle atmosphère mélancolique (et bizarrement, ce sont deux morceaux où intervient Anneke Van Giersbeghen, une chanteuse que j’apprécie tout particulièrement). Je ne sais pas encore si cet album parviendra à rejoindre ma liste d’incontournables (je ne l’ai écouté encore qu’une petite vingtaine de fois
) mais il est de toute manière de très bonne facture. Il nous apporte une vision un peu plus claire de qui sont Forever.
Pour être complet, voici la liste des chanteurs qui ont participé à cet album, répartis entre Forever et les humains :
Forever
- Hansi Kürsch (Blind Guardian, Demons & Wizards)
- Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation)
- Tom S. Englund (Evergrey)
- Jonas Renkse (Katatonia)
- Jørn Lande (ancien-Masterplan, ARK)
- Anneke van Giersbergen (Agua de Annique, ancien-The Gathering)
- Steve Lee (Gotthard)
- Bob Catley (Magnum)
- Floor Jansen (After Forever, Star One)
- Magali Luyten (Beautiful Sin, Virus IV)
Man
- Simone Simons (Epica)
- Phideaux Xavier
- Wudstik
- Marjan Welman (Elister)
- Arjen Anthony Lucassen
- Liselotte Hegt (Dial)
- Ty Tabor (King’s X)
En tout cas, je ne peux que vous conseiller la discographie d’Ayreon, ça vaut vraiment la peine d’y jeter une oreille. Et prenez la peine de lire les paroles pour saisir l’histoire. Je vous liste ci-dessous la discographie. Pour plus d’infos, vous pouvez consulter le site d’Arjen Lucasssen (qui reprend aussi tous les autres projets sur lesquels il a travaillé (Ambeon, Stream Of Passion, Star One…). Plusieurs extraits de 01011001 sont aussi écoutables sur son myspace.
- 01011001 – 2008
- The Human Equation – 2004
- Ayreonauts Only – 2000
- Universal Migrator Part 1 : The Dream Sequencer – 2000
- Universal Migrator Part 2 : Flight of the Migrator – 2000
- Into The Electric Castle – 1998
- Actual Fantasy – 1996
- The Final Experiment – 1995
